Contrairement aux craintes
exprimées au premier semestre, la seconde moitié de 2025 a démontré la
résilience des marchés face à l'escalade tarifaire de l'administration Trump.
Si les droits de douane moyens pondérés des États-Unis ont atteint environ 24%
en 2025 — le niveau le plus élevé depuis un siècle — leurs effets
inflationnistes redoutés ne se sont pas matérialisés de façon brutale.
L'inflation de la zone euro s'est établie à 2,1% en 2025, soit un retour proche
de la cible de 2% de la BCE, déjouant les scénarios catastrophes envisagés.
En revanche, l'incertitude
persiste. Les suspensions périodiques des droits de douane et les revirements
incessants de l'administration Trump ont maintenu une pression constante sur
les primes de risque. Cette instabilité institutionnelle — qui remet en question
la gouvernance prédictible des principales démocraties — représente un facteur
de risque systémique non moins important que les chocs de taux. Malgré tout le
marché a choisi de plutôt s’en accommoder jusqu’à présent, considérant les
phases de forte défiance comme autant de « points d’entrée » plus
intéressants sur les actifs risqués, notamment sur les thématiques, chères à
cette présidence, comme l’intelligence artificielle et les nouvelles
technologies.
L'Europe a connu une trajectoire
radicalement différente. Après deux années de contraction (2023-2024),
l'Allemagne a rompu avec sa doctrine d'austérité fiscale en mars 2025, en
annonçant un programme d'investissements massifs : un fonds spécial de 500 milliards
d'euros dédié aux infrastructures et à la transition bas carbone, complété par
100 milliards d'euros supplémentaires pour la défense. À cela s'ajoute le
plan Readiness 2030 (ex-ReArm Europe) de la Commission,
mobilisant jusqu'à 800 milliards d'euros pour le renforcement des capacités
militaires de l'UE à horizon 2030.
Sur le plan énergétique, 2025 a
marqué un infléchissement notable. Le baril de Brent s'est établi en moyenne à
68 dollars (contre 79,9 dollars en 2024), bénéficiant de trois facteurs : une augmentation
de la production de l'OPEP+, l'émergence au second semestre d'espoirs
diplomatiques en Ukraine avec des perspectives de levée partielle des sanctions
russes, et une demande énergétique plus modérée en Europe.
Le bilan de 2025 sur les marchés
financiers révèle des trajectoires contrastées selon les régions : les actions
européennes (+16% pour le STOXX 600), portées par les valeurs allemandes (DAX
+22%) et, plus généralement par les valeurs bancaires (+80%) et du secteur de
la défense (+56%), ont surperformé les actions américaines (+16% en dollars,
soit +3% en euros), toujours portées par les valeurs de l’IA, mais pénalisées
par une forte appréciation de l’euro contre dollar.
Côté obligataire, les titres souverains
européens affichent des performances atones (+0,3%) sur 2025, entravées par la
hausse des taux allemands en anticipation de la relance budgétaire du pays. Le
crédit (ie. les obligations d’entreprises privées) affiche des performances
bien supérieures : +3,30% sur le segment Investment Grade
(entreprises les mieux notées), +5,2% sur le segment High Yield
(entreprises plus endettées et donc plus risqués) grâce à deux moteurs : le
portage substantiel (3% à 4% environ) et un resserrement quasi continu des
primes de crédit. Ces dernières s’établissent en fin d'année à des niveaux
historiquement serrés sans dépasser toutefois les plus bas jamais enregistrés. Par
ailleurs, elles continuent de bénéficier d'une demande soutenue des
investisseurs dans un contexte de croissance européenne très favorable pour
elles : ni trop haute (à même d’entrainer une remontée des taux d’Etat),
ni trop basse (à même de faire remonter le niveau de ces primes de crédit).
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